Mobiliser des ressources

Lancement du P.M.F. Lab et de la première salle de créativité de Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Le P.M.F. Lab de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne accueille sa toute première salle de créativité. Ce dispositif devrait permettre à l'université de passer une nouvelle étape dans sa transformation numérique et de tester de nombreuses expérimentations pédagogiques.

Interview - 9.03.2017
Auteur(s): Barbara Sémel, Benoit Roques, François Giligny, Julien Pompey

Une volonté de transformation numérique au sein de l'université

La mission du P.M.F. Lab 

Le P.M.F. Lab souhaite concevoir, au sein même du centre Pierre Mendès France (P.M.F.), le prototype d'une nouvelle génération d'espaces d'enseignement et de recherche, appelée à se décliner dans les différents sites de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

P.M.F Lab offre :

  • une salle dite "de créativité"
  • plusieurs espaces connectés de réunion et de collaboration
  • un plateau audiovisuel
  • toute l'offre associée de soutien pédagogique et technique proposée par les équipes de la Direction du Système d'Information et des Usages Numériques (DSIUN)

François Giligny, professeur de méthodes de l'archéologie à l'U.F.R. d'Histoire de l'art et archéologue et chargé des humanités numériques de l'université :

Avec ce dispositif, l'université franchit symboliquement une étape supplémentaire dans sa transition numérique, après le développement des EPI (Espaces pédagogiques interactifs), qui sont une vraie réussite en terme d'appropriation par les équipes pédagogiques, ou les expérimentations de diffusion de cours en direct sur Facebook plébiscitées par les étudiants. Ce projet, qui a mûri assez longtemps avec toute l'équipe du SUN (Service des Usages Numériques), permet ainsi de franchir une barrière symbolique du numérique, qui bouscule la manière de faire, mais fait aussi évoluer les démarches d'enseignement.

Le projet, intitulé au départ "Promouvoir le développement de séquences d'enseignement en pédagogie active dans les formations" est soutenu par le M.E.N.E.S.R., dans le cadre de l'appel à manifestation d'intérêt Transformation numérique et pédagogique lancé en 2016.

Benoit Roques, responsable du Services des Usages Numériques (DSIUN-SUN) :

Pierre Mendès France est un centre emblématique de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et le regroupement de ces différentes salles, équipements et compétences sous l'appellation P.M.F. Lab a pour objectif principal de valoriser les moyens d'appui dont dispose l'université pour mener à bien, avec les U.F.R. et les équipes pédagogiques, la transformation pédagogique et numérique, pour répondre notamment aux enjeux et développement de la formation tout au long de la vie.

Enseigner en salle de créativité

Une salle aux configurations multiples

L'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a décidé d'installer, au sein du P.M.F. Lab, une "salle de créativité", avec un réaménagement complet d'une salle du centre Pierre Mendès France, dans l'esprit des "teaching lab" et des "learning lab". Elle est équipée de mobiliers et d'équipements numériques polyvalents, prototype d'un nouveau genre d'aménagement d'espace physique d'apprentissage à l'université.

Barbara Sémel, enseignante à l' U.F.R. d'Histoire de l'art et d'archéologie de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne témoigne :

Le gros intérêt de cette salle, c'est la possibilité de configuration/reconfiguration de l'espace qu'elle autorise. L'organisation spatiale, l'organisation matérielle d'un espace a une influence sur les relations humaines, sur les interactions sociales et la relation pédagogique n'échappe pas à cette règle. Vous pouvez vous placer face à l'intégralité de votre groupe et puis vous pouvez ensuite aller vous mettre devant un groupe plus restreint d'étudiants. Vous pouvez aller vous placer derrière l'épaule d'un ou d'une étudiante, vous asseoir à côté de lui pour travailler sur un document pendant quelques instants. Tout ça enrichit finalement la relation pédagogique que vous nouez avec les étudiants. 

Benoit Roques détaille :

Cette salle propose plusieurs systèmes d'affichage et de partage d'écran, un tableau numérique interactif, un équipement de visioconférence et de captation ainsi que des possibilités d'expérimenter des technologies émergentes : impression 3D, réalité virtuelle et augmentée... En matière de connectivité, cette salle permet de faire intervenir quelqu'un à distance, par l'intermédiaire de vidéo-conférence, et l'enseignant peut, entre autres, faire travailler deux groupes d'étudiants à distance.

Une salle aux usages variés

Différents usages sont ainsi envisagés pour cette toute première salle de créativité de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, avec :

  • des séquences d'enseignement prenant appui sur le numérique
  • des démarches d'enseignement faisant appel à des méthodes pédagogiques dites "actives"
  • l'accueil de travaux en petits groupes
  • la pédagogie par projet
  • le travail en autonomie

Barbara Sémel indique :

Mon université a proposé à des enseignants volontaires de venir enseigner dans une salle de créativité, j'y ai vu là l'occasion d'une réflexion sur mes pratiques pédagogiques. Il s'agissant d'une opportunité pour mes étudiants,  de bénéficier d'un nouveau contexte d'apprentissage.

François Giligny insiste : 

Mais cette salle n'est à priori absolument pas réservée à des cours sélectionnés : par principe, tout type de séance de travaux dirigés est éligible et peut se dérouler dans ce lieu. Il n'y a aucune sélection de certaines disciplines ou de projets construits au préalable, mais construits par l'enseignant, avec donc un caractère universel développé au sein même de l'université, devant inciter à la transformation pédagogique de l'établissement. L'idée est ainsi d'avoir plus d'interactivité, d'utiliser davantage de dispositifs et de banaliser l'usage des différents outils numériques en cours de séance.

Trois expérimentations pédagogiques en cours

Par ailleurs, la conception de cette salle de créativité a été prévue pour faciliter le déroulement d'expérimentations, dans un cadre nouveau et attractif. Trois sont ainsi d'ores et déjà programmées :

  • un atelier de création de l'U.F.R. Mathématiques & informatique
  • une séquence de cours en Histoire de l'art et archéologie
  • une expérience d'enseignement menée conjointement avec l'université de Duke par François Giligny

François Giligny, dont l'expérimentation va se dérouler en avril & mai et est destinée à des étudiants de master 2 et de doctorat de l'université, précise :

Il s'agit d'une formation aux outils 3D pour les archéologues, en particulier pour ceux qui participeront à des chantiers-école, comme celui de Vulci en Italie conduit par l'université de Duke avec notre partenariat. L'idée est de mener les fouilles numériques du futur et de faire aussi se rencontrer les étudiants pour échanger leurs expériences en 3D.

Benoit Roques ajoute :

Lors de ce second semestre, l'objectif est de mener à bien trois projets pilotes, et un appel à volontariat sera lancé ce printemps à destination de toutes les équipes pédagogiques de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne pour mener une dizaine d'autres expérimentations.

L'ensemble du dispositif fera l'objet d'une évaluation, en prenant appui sur :

  • le travail de co-conception et de co-construction réalisé par les enseignants avec le concours des ingénieurs en technologie de la formation du SUN
  • l'évaluation des séquences par les étudiants
  • les données recueillies
    • observations
    • productions des étudiants
    • traces d'apprentissage

Les perspectives à venir

Bien d'autres missions sont envisagées pour le P.M.F.Lab et la salle de créativité, qui devraient se développer et se confirmer au fur et à mesure de leur utilisation.

Benoit Roques avance : 

À travers cette salle, il peut également y avoir la volonté d'en faire un lieu de découvertes des nouveautés numériques, avec des sujets comme l'impression 3D ou la réalité virtuelle, où chacun est invité à venir essayer et réfléchir à leurs potentialités pédagogiques. Une autre idée est d'en faire un tiers-lieu d'apprentissage, avec un environnement associatif, ouvert à des rencontres dans tous les domaines. L'objectif serait alors de se positionner comme un tremplin de découverte s'appuyant et renvoyant vers d'autres lieux plus adaptés pour développer les idées et les initiatives, qui y germeraient.

 

1ère publication : 9.03.2017 - Mise à jour : 30.06.2017

Auteurs

Benoit Roques

Directeur adjoint, responsable du service des usages numériques

François Giligny

Professeur de méthodes de l'archéologie à l'U.F.R. d'Histoire de l'art et archéologue et chargé des humanités numériques de l'université

Barbara Sémel

Enseignante à l’ U.F.R. d’Histoire de l’art et d’archéologie de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Julien Pompey