Enseigner avec le numérique

Quels usages du MOOC « Se former pour enseigner dans le supérieur » ?

Dans sa 26ème livraison en 2019, la revue en ligne "Distances et Médiations des Savoirs" a publié un article axé sur l'analyse des usages du MOOC "Se former pour enseigner dans le supérieur" coordonné par le Ministère de l'Enseignement supérieur, co-écrit par l'équipe de pilotage du projet et un laboratoire partenaire.

Dans le cadre de son numéro thématique consacré à la formation initiale et continue des enseignants et des formateurs à distance (sous la direction de Pascal Marquet), la revue en ligne "Distances et Médiations des Savoirs" a publié l'article :

Voici un aperçu des principaux résultats qui sont détaillés dans cet article.

Une diversité de profils d'usagers

Sur les 1931 personnes ayant répondu au premier questionnaire de profils (sur 13 724 inscrits), les réponses témoignent d'une grande diversité d'apprenants, en termes :

  • d'âges
  • de disciplines
  • d'expériences d'enseignement et de formation à la pédagogie
  • de situations professionnelles et géographiques

Les différents publics ciblés prioritairement par les concepteurs du MOOC sont atteints et dépassent le seul périmètre des enseignants-chercheurs primo-arrivants pour toucher des enseignants majoritairement expérimentés, mais aussi des conseillers/ingénieurs pédagogiques dans l'enseignement supérieur.

Une dynamique de professionnalisation

Les motivations exprimées pour suivre ce MOOC varient considérablement selon les statuts et l'ancienneté des répondants, mais elles s'inscrivent majoritairement dans une dynamique de professionnalisation :

  • développement de capacités ou habiletés
  • développement identitaire à la fois personnel et professionnel
  • évolution continue avec articulation entre réflexion et action

Les acteurs concernés estiment ainsi que l'engagement dans une telle formation va leur permettre de développer des compétences qui leur semblent fondamentales pour mieux travailler.

Des barrières situationnelles et institutionnelles

La très grande majorité des répondants (79%) déclare avoir l'intention de suivre le MOOC sur leur temps libre et non sur leur temps de travail, ce qui démontre une gestion du temps assez serrée, et ce, quel que soit le genre ou l'ancienneté des acteurs. Elle s'explique par :

  • une disponibilité restreinte ou variable selon les profils
  • un temps réel de formation souvent supérieur au temps estimatif indiqué par l'équipe du MOOC

Ces résultats confirment la difficulté de concilier l'horloge d'une formation ouverte massivement à tous et celle de l'apprentissage individuel de chaque utilisateur.

Une articulation complexe entre collectif et individuel

Concernant les intentions d'hybridation voulues par l'équipe de conception du MOOC entre activités transmissives, réflexives et collaboratives, l'enquête révèle que les activités collectives :

  • échanges
  • partages
  • évaluations entre pairs

ne demeurent pas parmi les plus pratiquées chez les participants. Ces derniers semblent privilégier un mode d'approche transmissive : la dimension des interactions sociales, dont l'intérêt n'est pas remis en question pour autant, ne revêt pas la même pertinence dans le cas des MOOC, de par la nature ouverte et anonyme de ce type de formations.

Les auteurs

L'article de la revue "Distances et Médiations des savoirs" a été co-écrit par 4 membres du comité de pilotage du projet  :

  • Pascaline Delalande, ingénieur pédagogique, Université Rennes 1
  • Philippe Lalle, conseiller scientifique, conseiller stratégique pour la pédagogie, M.E.S.R.I.
  • Luc Massou, conseiller MiPNES, M.E.S.R.I.
  • Carole Nocera-Picand, conseillère MiPNES, M.E.S.R.I.

et par Nathalie Younès, membre du laboratoire ACTé (Université Clermont-Auvergne) à qui la MIPNES / D.G.E.S.I.P. au M.E.S.R.I. a commandité un rapport interne d'enquête sur les usages du MOOC (session 1 de 2017/2018), remis fin 2018.

Publication : 25.11.2019