Piloter le numérique dans un établissement du supérieur

Le rôle d'un conseiller stratégique pour le numérique

Mehdi Gharsallah, conseiller stratégique pour le numérique du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation nous répond.

Interview - 8.06.2017
Auteur(s): Mehdi Gharsallah

Quelles sont les fonctions d'un conseiller stratégique pour le numérique au Ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche ?

Le poste de conseiller stratégique pour le numérique a été créé à l'été 2016. C'est un poste qui consiste à donner toute la visibilité nécessaire aux projets numériques du ministère, de ses opérateurs, des établissements et organismes. Son rôle est aussi d'apporter à la Direction générale la lisibilité pour arbitrer ou prendre une décision. Il s'agit donc principalement d'avoir une vue globale et cohérente des enjeux et objectifs de la transformation numérique de l'E.S.R..

Quelles sont vos missions ?

Ma mission de coordination s'étend sur l'ensemble du périmètre du numérique. C'est-à-dire partout où on trouve du numérique :

  • les infrastructures
  • les S.I. applicatifs
  • les nouveaux usages
  • la pédagogie
  • la vie de campus

Pour illustrer la variété des missions, on peut en mettre quatre en exergue.

La première concerne à la fois le fait de rendre plus performant le système d'information de l'E.S.R., mais aussi la modernisation des data center. Sur ces deux thématiques je travaille bien sûr avec l'AMUE avec laquelle nous avons signé un nouveau contrat quinquennal fixant ses grandes orientations stratégiques mais aussi avec le comité de pilotage Infranum qui anime un processus de labellisation des datacenter en France.

Une deuxième mission concerne, par exemple, les données. Je travaille sur les moyens qui permettraient d'accélérer la mise à disposition de jeux de données ouverts, ou encore de formaliser une politique sur la gestion des données personnelles dans l'Enseignement supérieur. Sur ces sujets, les services communs de la DGESIP et de la DGRI sont à la manœuvre ainsi que le comité de pilotage S.I. E.S.R.

La troisième mission concerne ma modeste contribution à la révolution pédagogique. Dans ce cadre-là je travaille avec le conseiller stratégique pour la pédagogie (Philippe Lalle) et la mission sur la pédagogie et le numérique (MiPNES) ou encore avec des acteurs publics (par ex. FUN-MOOC) ou privé.

Et enfin, la quatrième mission qu'il peut être intéressant de mettre en avant concerne la modernisation des pratiques du ministère et la valorisation des actions de la D.G.E.SI.P. dans tout l'écosystème de l'enseignement supérieur. Sur ce sujet je m'appuie sur les actions de notre pôle de coordination des affaires générales et bien sûr sur le département de la communication du Ministère.

Parmi ces missions, laquelle vous semble la plus stratégique ?

J'ai deux convictions fortes. D'abord que le développement de nouveaux usages du numérique dans l'E.S.R. passe par des investissements massifs dans les infrastructures. Ensuite que les investissements qui sont initialement principalement dédiés à la recherche servent aussi les autres missions de l'enseignement supérieur.

Donc, sans hésitation, je pense que la question de l'aménagement numérique du territoire et en particulier en ce qui concerne les infrastructures et les data center est centrale aujourd'hui. C'est la clé de voûte qui nous permettra de :

  • moderniser nos établissements, nos applications
  • développer de nouveaux usages
  • contrôler nos données etc.

Aujourd'hui, nous avons un grand nombre de data center que nous devrions rationaliser et moderniser. On ne peut pas imaginer conduire la transition numérique à la fois dans la recherche et dans l'enseignement supérieur, imaginer de nouveaux services pédagogiques, sans pouvoir s'appuyer sur des infrastructures de très haut niveau. C'est vraiment dans cette direction que devraient être dirigés nos investissements pour conduire les transformations qui nous attendent.

Publication : 8.06.2017