Numérique et certification à distance

Avec Polemic Tweet, la certification dans le supérieur à partir de l'annotation et de la contribution

Page Polemic Tweet

Comment repenser l'évaluation dans le supérieur à partir d'enregistrements vidéo de cours ou de séminaires ? Grâce à une plateforme d'annotation rendant possible l'enrichissement de ces enregistrements : Polemic Tweet.

Article - 9.05.2016

Contexte de la certification

C'est dans le cadre d'un séminaire consacré aux transformations de la muséologie et des formes d'adresse au public, que l'Institut de Recherche et d'Innovation (IRI) a, depuis trois ans, institué un système de certification basé sur le principe de la catégorisation contributive.

Des étudiants du Master 2 "Patrimoine et Numérique" (Paris 8 / Paris 10) ont à valider l'une de leurs unités d'enseignement. Ils doivent commencer par assister à plusieurs séances de cours théorique sur la question de la contribution sur les thèmes :

  • de l'économie
  • de l'enseignement
  • de l'éditorialisation
  • du design contributif
  • etc.

Certaines séances sont annotées par les participants en ligne et dans la salle à l'aide d'un dispositif d'enrichissement de l'enregistrement du cours par des tweets catégorisés : Polemic Tweet.

Chaque étudiant doit ensuite choisir l'une des séances du séminaire à laquelle il assistera sur le mode de la contribution. Pour chacune des 8 séances du séminaire, au moins 2 étudiants sont concernés. Les étudiants sont informés de la méthodologie avant que le séminaire ne débute.

Catégorisation contributive et certification

Chaque étudiant est évalué à partir :

  • d'une catégorisation contributive
  • d'une synthèse écrite

Catégorisation contributive de la séance

Elle est évaluée à partir de la création de segments temporels dans la plateforme d'annotation vidéo appelée "Lignes de Temps". Cela correspond aux notes prises par l'étudiant durant la séance.

Ces notes auront été "qualifiées" suivant un langage d'annotation comprenant 4 "méta-catégories" :

  • compréhension (en vert)
  • trouble (en rouge)
  • commentaire (en bleu)
  • mots-clés (en jaune)

Grâce à ces "méta-catégories" il est possible de qualifier :

  • les sujets abordés durant la séance
  • la manière dont l'étudiant a pris ses notes

Elles vont permettre :

  • de partager et mettre en rappport les notes de l'étudiant avec celles des autres étudiants ayant assisté à la séance
  • d'indexer la vidéo de la séance du séminaire

Il sera alors possible d'accéder d'un simple coup d'œil :

    • aux passages problématiques
    • aux commentaires de l'étudiant
    • etc.

Synthèse écrite de la séance

Une synthèse écrite de la séance choisie est réalisée par l'étudiant. Il doit procéder à des renvois par la mise en place d'hyperliens vers des segments ou des marqueurs temporels (mots-clés) correspondant à la catégorisation produite précédemment. Cette synthèse est mise au format pdf afin de bien figer les hyperliens.

Favoriser l'inventivité et la collaboration

La note finale peut dépendre de la capacité de l'étudiant à faire preuve d'inventivité et d'esprit collaboratif.

L'inventivité

L'étudiant peut intervenir sur plusieurs facteurs. Ainsi, il peut :

  • modifier le fonctionnement d'une méta-catégorie en le justifiant. Cela est arrivé lorsque des étudiants ont proposé le «désaccord» plutôt que le «trouble» pour la couleur rouge
  • proposer une méta-catégorie supplémentaire, ce que certains étudiants ont fait en ajoutant les «Exemples à développer» (en magenta ci-dessous)

Polemic Tweet Figure 1

enrichir l'archive de la séance en proposant d'autres manières de synthétiser. Ainsi, certains étudiants ont lié leur texte et leur catégorisation à une carte mentale dynamique (plateforme RENKAN développée aussi par l'IRI)

Polemic Tweet Figure 2

La collaboration

Dans la mesure où plusieurs étudiants assistent à chaque séance, il est possible d'imaginer des travaux collaboratifs, non seulement autour de la synthèse écrite, ou des cartes mentales mais aussi et surtout dans le cadre de la catégorisation.

Polemic Tweet Figure 3

C'est de cette façon que certains étudiants choisissent de produire leurs lignes de temps dans un même projet, en n'hésitant pas à imaginer une discussion entre leurs lignes respectives.

Toutes ces initiatives sont suggérées aux étudiants avant le début du séminaire. Elles constituent un bonus pour la certification de l'unité d'enseignement.

Résultats et généricité

Ce format de certification est tout à fait intégré par les étudiants d'un certain niveau, ici des Master 2. Il permet :

  • une évaluation de l'implication de chaque étudiant, via son interprétation
  • une évaluation de sa capacité à faire collectif

Par ailleurs, ce système autorise l'enrichissement d'archives. Dans le cas présent, celle d'un séminaire de recherche, mais on peut envisager qu'il s'agisse d'un cours. Le principe contributif peut ainsi permettre la valorisation des ressources pédagogiques et théoriques d'une institution via leur enrichissement par les étudiants.

Il serait tout à fait possible d'envisager la généralisation de ce format de certification à :

  • d'autres classes
  • dans toute autre discipline
  • du niveau Master 1 au doctorat

Ici, les exigences méthodologiques ne permettraient sans doute pas d'y recourir avec des étudiants moins avancés dans leur cursus, mais on peut envisager la simplification de la méthodologie. Ainsi, tout en conservant le principe contributif des annotations partagées, cette méthode de certification pourrait être mise en œuvre dès les premières années du cursus universitaire, voire dès l'enseignement secondaire.

Publication : 9.05.2016